11/06/2014 -L’adaptation rend possible l’inclusion sociale : mot d'ouverture de David Langtry à la conférence ACCCDP 2014 – L'adaptation, ça se travaille! tenue à Ottawa

Notes d'allocution de

M. Langtry 

Mot d'ouverture d'ACCCDP 2014 –

L'ADAPTATION, à‡A SE TRAVAILLE! 

et présentation de Mark Tewksbury

Ottawa (Ontario)

Le 11 juin 2014

Le texte prononcé fait foi

     

Bonjour!

Bienvenue dans la capitale nationale, en ce territoire ancestral de la nation algonquine!

En ma qualité de président de l’Association canadienne des commissions et conseil des droits de la personne (ACCCDP), et de président par intérim de la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP), je souhaite une très chaleureuse bienvenue à  vous tous et toutes qui assistez à  cette conférence intitulée ACCCDP 2014 – L’adaptation, à§a se travaille!

La conférence ACCCDP 2014 – L’adaptation, à§a se travaille!, est une activité d’apprentissage organisée par la CCDP de concert avec l’ACCCDP, avec le généreux appui de la Commission de la santé mentale du Canada et de la Commission canadienne pour l’UNESCO. 

Nous remercions tous nos partenaires pour leur générosité. Il importe que nous puissions nous entraider pour des projets de ce genre étant donné que nous partageons de nombreux objectifs organisationnels. Je pense que nos mandats respectifs partagent une même trame : nous sommes tous partisans de l'inclusion sociale, c’est-à-dire du droit de chaque personne de contribuer grandement à  la société, et de s'épanouir autant qu'elle le peut pour le bien de sa famille et son bien personnel, sans discrimination, sans préjugés, sans obstacle à  l'égalité des chances.

C’est une vision d’un Canada que la Commission canadienne des droits de la personne a récemment intégrée à  son énoncé renouvelé, soit « Une société inclusive où chaque personne est valorisée et respectée. »

Inclusion ne signifie pas — et vous m’excuserez si j’insiste sur un point qui va de soi pour la plupart d'entre vous — inclusion, donc, ne signifie pas forcer les gens à  cacher ou à  nier leurs différences. Au contraire, elle signifie admettre et célébrer ces différences. J'ajouterai que l’inclusion a une petite soeur qui s’appelle « Adaptation ».

Pour organiser cette conférence, notre personnel s'est allié à  une multitude de regroupements – employeurs, syndicats, organisations non gouvernementales et associations professionnelles – pour monter un programme portant sur des enjeux de droits de la personne les plus avancés à  l'heure actuelle.

Nous avons choisi le thème de cette année, L’adaptation, à§a se travaille! Vers une société plus inclusive, parce que, comme le premier ministre l’a dit récemment, nous comprenons parfaitement que notre travail consiste à  favoriser l’inclusion sociale. 

L’adaptation rend possible l’inclusion sociale, et, dans la société d’aujourd’hui, elle prend de l'importance d'heure en heure, à  mesure que nous en comprenons la signification et les conséquences.

La définition de l’adaptation évolue constamment, et c'est une évolution qui en élargit la portée pour tenir compte des valeurs contemporaines, les valeurs de la société d’aujourd’hui. Quand on parle maintenant d’adaptation, on ne fait pas seulement référence à  l'adaptation pour les personnes ayant une déficience physique ou mentale. On y intègre tous les motifs prévus par la Loi canadienne sur les droits de la personne, dont la religion et la situation de famille, pour n’en nommer que deux.

Cette conférence de deux jours vise à  aborder ces enjeux importants et à  nous aider à  mieux comprendre ce que signifie vivre dans une société moderne et inclusive où l’égalité des chances n’est pas un concept théorique, mais un objectif réaliste qui profitera à  tout le monde.

Conformément à  l’esprit du thème de la conférence, notre personnel a pris grand soin non seulement de bâtir le programme en fonction du sujet, soit l'adaptation, mais aussi d’organiser une conférence réellement adaptée — une conférence adaptée portant sur l’adaptation!

Que ce soit le sous-titrage en direct, l’interprétation gestuelle, des espaces verts pour les animaux d’assistance ou la vingtaine de bénévoles qui auront pour seule tâche de donner un visage humain à  l’environnement accessible, nous avons accordé autant d'importance à  l’organisation de la conférence qu'à son programme.

Jour après jour, nous avons consulté des experts pour faire de notre conférence un modèle d’accessibilité.

L’adaptation n’est pas une science exacte et ne constitue pas une évidence autant qu’on aimerait le croire. Si on ne se met pas à  la place de l'autre personne, il est difficile de prévoir ses besoins.

Nous espérons avoir au moins répondu à  vos attentes, mais nous savons qu'on peut toujours faire mieux.

Donc si nous sommes ici aujourd’hui, c'est pour apprendre les uns des autres à  faire encore mieux ce que, selon nous, nous faisons déjà très bien.

Dans le cadre de son volet « apprentissage », la conférence devient le moment idéal pour lancer deux nouveaux outils mis au point par la Commission canadienne des droits de la personne en vue d'aider les employés et les employeurs à  s'appuyer sur des repères lorsqu'ils ont à  s'occuper de deux enjeux importants. 

Le premier outil s’intitule L’adaptation : à§a se travaille! Un guide convivial pour favoriser la collaboration sur les questions de santé au travail.

Pour mettre au point cet outil, la Direction générale de la promotion des droits de la personne de la Commission a formé un groupe de travail composé d’experts de différents secteurs, dont des employeurs, des professionnels de la santé et des représentants de syndicats, de commissions des assurances et du gouvernement. Le groupe de travail a guidé les efforts de la Commission pour créer un outil Web interactif destiné à  mieux faire comprendre ce sujet et à  s'entendre sur le vocabulaire à  utiliser quand on il est question de santé en milieu de travail.

Le guide aide tous les intervenants concernés directement à  comprendre le processus du point de vue des autres. Il propose une terminologie et des lignes directrices normalisées pour aider tous les participants à  se concentrer non pas sur le processus, mais sur la personne.

Jusqu’à maintenant, le guide a récolté des critiques élogieuses. Je voudrais porter l'une d'elles à  votre connaissance :

Il s'agit d'un commentaire du Dr Garey Mazowita, du Collège des médecins de famille du Canada. Le Dr Mazowita faisait partie du groupe de travail. à€ ce moment, il était également président du Comité de programme sur la santé mentale du Collège.

Selon lui, cette source d'information aidera les médecins de famille à  oeuvrer dans les milieux de travail d'une façon qui respecte des normes et les informations factuelles, ce qui profitera à  leurs patients en fin de compte.

Le deuxième outil s’intitule Guide sur la conciliation des responsabilités professionnelles et des obligations familiales des proches aidants : Stratégies de collaboration pour un milieu de travail compréhensif et performant.

Ce guide a aussi été rédigé en concertation avec des groupes d’intervenants clés, dont la Commission de la santé mentale du Canada, l’un des partenaires de notre conférence. Il propose aux employeurs et aux employés des conseils pratiques quand un employé a de la difficulté à  concilier ses obligations familiales avec ses responsabilités professionnelles. 

Les droits des proches aidants deviennent un sujet de plus en plus important, comme l'ont souligné le discours du Trône de 2013 et deux causes récentes faisant jurisprudence. 

Louise Bradley, présidente-directrice générale de la Commission de la santé mentale du Canada, a récemment donné son avis sur cette publication, et je la cite : « Ce guide donne aux gestionnaires des indications concrètes pour aider les employés et employées à  surmonter ces difficultés. »

Je félicite donc nos équipes qui ont travaillé d’arrache-pied pour réaliser ces deux ouvrages.

Comme nous pouvons nous y attendre à  chacune de nos conférences, la portion de demain matin sur la jurisprudence promet d'être particulièrement utile. Cette année, nous ferons le point sur la jurisprudence au moyen d'une discussion en groupe qui sera suivie par une allocution de l'honorable Peter MacKay, ministre de la Justice et procureur général du Canada, qui se joindra à  nous malgré son horaire chargé.

Je m’en voudrais de ne pas vous parler du succès remporté hier par le symposium organisé par l’Initiative nationale autochtone de la Commission canadienne des droits de la personne, en collaboration avec nos collègues de l’ACCCDP. Intitulé Encourager la réconciliation, ce symposium spécial porte sur l’application de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.  

Nous avons eu le privilège d’entendre le chef international Wilton Littlechild nous parler avec émotion de la nécessaire réconciliation. Depuis mon retour d’Edmonton, où j’étais un témoin honoraire au dernier événement de la Commission de vérité et de réconciliation, je peux vous confirmer que le message du chef international Littlechild est essentiel au processus de réconciliation. La réconciliation est un défi qui se profile à  l'horizon pour l'ensemble de la population canadienne. Nous devons tous le relever. Les traumatismes causés par les pensionnats indiens sont un fardeau que nous devons porter ensemble, et nous devons tous participer au processus de guérison.

Il est tout à  fait approprié d’ouvrir la conférence avec un sujet que la Commission place dans sa liste de priorités depuis quelques années. Il s'agit de la promotion et de la protection des droits de la personne des Premières Nations et des peuples autochtones du Canada.

Nous continuerons de réclamer une enquête nationale sur les femmes autochtones assassinées ou portées disparues.

Nous continuerons de plaider devant le Tribunal canadien des droits de la personne dans la plainte déposée par la Société de soutien à  l’enfance et à  la famille des Premières Nations du Canada. Nous espérons obtenir un financement équitable et suffisant pour les services d'aide à  l’enfance dans les réserves.

Nous continuerons aussi d’appuyer ceux et celles qui militent pour que l’histoire des pensionnats indiens fasse partie du programme scolaire de toutes les écoles canadiennes, à  l'instar de l'Alberta qui a rendu publique son intention à  cet égard lors du dernier événement national de la Commission de vérité et de réconciliation. Nous appuyons cette idée pour que tous les élèves du Canada connaissent leur histoire et comprennent le terrible héritage de traumatismes que nous avons infligé aux peuples autochtones.

Bien entendu, nous continuerons de soutenir les personnes qui repoussent les limites pour instaurer une véritable égalité des chances.

Car c’est ce qu’il faut faire si nous voulons bâtir une société qui répond aux aspirations des Canadiennes et des Canadiens.

Nous avons besoin de gens prêts à  aller à  contre-courant lorsqu’il le faut et à  se battre pour ceux qui ne peuvent pas se faire entendre.

  

Nous avons aujourd’hui la chance d'accueillir un conférencier qui n'a fait que cela tout au long de sa carrière. 

Mark Tewksbury a d'abord connu la gloire comme athlète vedette lorsqu'il a fendu l'eau de la piscine aux Jeux Olympiques de Barcelone. Médaillé de bronze, d'argent et d'or, ce champion olympique a reçu de nombreux prix et a même fait la une du magazine TIME.  

Ses exploits sportifs l'ont rapidement propulsé à  l'avant-scène, mais c'est sa fabuleuse vie postolympique qui a vraiment forgé sa personnalité. En plus de mener une carrière internationale en tant que conférencier, Mark a animé des émissions de télé, publié trois livres, et donné des ateliers à  travers le monde. Il a agi comme maître de cérémonie pour les apparitions publiques du dalaï-lama en sol canadien; il a été invité par le gouvernement français à  parler de droits de l'homme devant les Nations Unies à  New York; et il a été nommé chef de mission de l'équipe olympique canadienne envoyée à  Londres en 2012.

Mark siège au conseil d'administration d'Olympiques spéciaux Canada. Il est aussi l'ambassadeur national pour le « Legacy Group » de la Fondation canadienne de recherche sur le sida, et il est un leader mondial pour la défense des LGBT dans les sports. Il a cofondé « Great Traits », une entreprise de perfectionnement professionnel axée sur le dépassement, le leadership et le patrimoine.

J'ai l'immense privilège de vous présenter Mark Tewksbury.