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Comité de travail concernant le sous-titrage codé en français à la télévision de Radio-Canada

Mise en contexte

Taux actuel de sous-titrage

Au cours de l’année financière 2004-2005, le réseau de la Télévision française a sous-titré 91% de ses émissions et le RDI 52%.

Lors du dernier renouvellement des licences de la Société en 2000, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (le CRTC) avait indiqué qu’il s’attendait à ce que le réseau de télévision atteigne un niveau de sous-titrage de ses émissions de 90% et le RDI 56%, d’ici la fin de leurs licences respectives, soit en août 2007. La SRC a atteint ce niveau avec deux ans d’avance. Le RDI prévoyait atteindre le niveau de l ’attente du Conseil en 2007.

Méthodes de sous-titrage à Radio-Canada

Il est important de souligner que le sous-titrage se prépare de deux manières différentes selon que le programme est "en direct" ou "en différé".

Lors de la préparation des programmes en différé, il est possible de rédiger les sous-titres de manière claire, par exemple en les positionnant à l’écran à proximité du personnage qui parle, et de corriger les erreurs. C’est le travail des sous-titreurs, qui se fait avec un ordinateur et un clavier réguliers.

Pour le sous-titrage en direct, on utilise à Radio-Canada la technique de la sténotypie assistée par ordinateur. Copiée d'une méthode utilisée pour l'anglais, la sténotypie permet le sous-titrage simultané des programmes télévisuels. La sténotypie s'est développée d'abord dans les pays anglophones, car la syntaxe de la langue est plus simple. La complexité de la langue française ne facilite pas les transcriptions phonétiques et a retardé le développement de la technologie pour la langue française.

Ce procédé permet à un sténotypiste1 de transcrire les sons en temps réel par le biais de codes phonétiques, qui sont automatiquement traduits par l'ordinateur en texte à l'écran. Radio-Canada a mis au point en 1992 le système Médiatex en partenariat avec la société "Grandjean" en France et "IBM-FRANCE".

Médiatex

a permis à Radio-Canada de développer une expertise unique en sous-titrage de ses émissions en temps réel. À notre connaissance, Radio-Canada est la seule télévision francophone au monde à sous-titrer entièrement toutes ses émissions de nouvelles, y compris les insertions en direct.

Aujourd’hui, pratiquement toutes les émissions en différé à l’antenne de Radio-Canada et du RDI sont sous-titrées codées. Pour augmenter le taux de sous-titrage au RDI en particulier, c’est le taux de sous-titrage des émissions en direct qu’il faut augmenter.

Radio-Canada et la télévision en direct

75% des émissions du RDI sont diffusées en direct. Du lundi au vendredi, entre 5h et minuit, c’est 85% des émissions qui sont en direct.

Pendant la saison régulière 2004-2005, du lundi au vendredi, la télévision de Radio-Canada diffusait en direct 40% de ses émissions.

Tant à la chaîne principale qu’au RDI, la programmation en direct répond à des objectifs bien précis.

À la chaîne principale, l’objectif est d’offrir des magazines de services portant sur des sujets au cœur des préoccupations de la population (santé, culture, vie communautaire, écologie, consommation, etc.), ancrés dans l’actualité et en interaction quotidienne avec le public (par télécopieur, téléphone, courriel, boîte vocale).

Au RDI, le direct est au cœur même de la raison d’être de cette chaîne d’information continue, qui, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, témoigne sur le vif et dans leur déroulement même des événements au Canada et dans le monde.

Financement du RDI

Le Réseau de l’information de Radio-Canada est exploité par la Société Radio-Canada, conformément à une licence accordée par le CRTC. Les revenus du RDI sont entièrement réinvestis dans la programmation et l’exploitation du service. Ses sources de financement sont les revenus d’abonnement et les recettes publicitaires. Par condition de licence, le RDI doit tenir des comptes distincts de ceux du réseau de télévision de Radio-Canada. Le but est de s’assurer que ce service spécialisé, financé en grande partie par les tarifs d’abonnement, n’est pas soutenu financièrement par les crédits parlementaires de Radio-Canada, soit l’argent des contribuables visant à financer les services de radio et de télévision distribués en direct.

Les sténotypistes affectés au sous-titrage des émissions du RDI sont payés par les budgets de la chaîne spécialisée.

Solutions proposées par le Comité de travail

Le comité de travail s’est penché sur deux aspects de la question du sous-titrage codé à Radio-Canada : l’absence de formation pour la méthode de sténotypie assistée par ordinateur qui explique la pénurie de personnel compétent, et la désuétude du système pour le sous-titrage en temps réel utilisé à Radio-Canada (Médiatex).

Formation 

L’entente entre Radio-Canada et la Cité Collégiale

La Société Radio-Canada utilise les services de sténotypistes spécialisés en sténotypie assistée par ordinateur pour faire le sous-titrage des portions en direct à sa grille et il n’existe actuellement aucune école de formation en français pour ce travail hautement spécialisé.

Depuis 2003, la Cité collégiale offre un programme d’études en sténotypie assistée par ordinateur d’une durée de trois ans, mais les demandes d’inscription ont été insuffisantes pour démarrer le programme.

Devant cet état de fait, la Société Radio-Canada et la Cité collégiale ont travaillé de concert pour soutenir la mise sur pied d’un programme qui permette de recruter un nombre suffisant de candidats intéressants.

Les modalités de l’entente intervenue entre la Société Radio-Canada et la Cité collégiale dans les grandes lignes :

La Cité collégiale

Mise sur pied à partir de septembre 2005 d’un programme de formation en sténotypie assistée par ordinateur en mode de livraison accéléré (Fast track), une formation à temps plein d’une durée totale de 12 mois, qui inclura un stage rémunéré en milieu de travail.

La Société Radio-Canada 

Production d’un message publicitaire pour la télévision d’une durée de 30 secondes à partir d’un concept et texte développés par la Cité collégiale, qui fera la promotion du programme et renseignera sur la profession de sténotypiste et les débouchés d’emploi.

Diffusion du message sur les ondes du réseau et du RDI et de manière plus ciblée sur les antennes régionales de CBOFT (région Ontario/Gatineau), CBVT (région de Québec et de l’Est du Québec) et CBAFT (région de l’Atlantique).

Participation à la Soirée d’information de la Cité collégiale du 30 mars 2005 avec une démonstration en circuit fermé du sous-titrage codé en temps réel au cours de la diffusion d’une émission.

Accueil dans son centre de production à Montréal d’étudiants du programme « Sténotypie assistée par ordinateur » de la Cité collégiale pour un stage rémunéré et embauche éventuelle des stagiaires dont le rendement et la compétence correspondront à ses besoins.

Participation à d’autres formes d’activités de communication en soutien au programme (conférences de presse, affiches, sensibilisation des programmateurs et rédacteurs en chef de ses émissions, etc.)

La Cité collégiale et la Société Radio-Canada ont signé un protocole d’entente (en annexe) qui en concrétisera la mise en œuvre. Des représentants de Radio-Canada ont participé à la soirée d’information de la Cité collégiale et une émission de Radio-Canada, 37,5, a consacré un reportage et une entrevue à la profession de sténotypiste, à la pénurie de personnel et à la mise sur pied d’une formation à la Cité collégiale.

Pour que le programme de formation de la Cité collégiale puisse démarrer en septembre 2005, il faut un minimum de 15 admissions. Dans l’éventualité où ce seuil minimal n’est pas atteint et que le programme n’est pas offert pour l’année scolaire 2005-2006, l’échéancier de mise en œuvre du plan d’action sera décalé d’un an et les représentants de la Société Radio-Canada et de la Cité collégiale se concerteront pour mettre en œuvre un nouveau plan de marketing.

Le remplacement de médiatex

Le système développé et utilisé par Radio-Canada pour le sous-titrage en temps réel, bien qu’il réponde encore aujourd’hui aux besoins, est à remplacer. Il faut moderniser la plate-forme utilisée afin, entre autres, d’améliorer le transport du signal, d’augmenter considérablement la capacité du dictionnaire à la disposition des sténotypistes et de leur permettre de l’utiliser en réseau.

Le coût du remplacement a été inscrit au plan d’immobilisation de la Société pour l’année financière 2005-2006.

Le secteur de l’Ingénierie de diffusion de la Société procède actuellement à l’analyse des informations reçues à la suite d’un appel d’information (Request for Information) portant sur les systèmes qui seraient en mesure de remplacer Médiatex.

À partir de ces informations, on procédera ensuite à un appel d’ offres qui comprendra une liste de critères techniques et opérationnels précis. Le coût sera l’un des critères prioritaires, mais le système choisi devra également permettre d’augmenter la quantité et la qualité du sous-titrage en temps réel, d’améliorer la rapidité et la fiabilité du transport du signal et d’améliorer la flexibilité globale du système.

L’échéance pour l’installation du nouveau système est janvier 20062.

La reconnaissance vocale

Le service de sous-titrage de Radio-Canada utilise depuis 2002 le logiciel Dragon Naturally Speaking. Il sert actuellement à faire du sous-titrage en différé, sa vitesse d’exécution n’étant pas assez élevée pour faire du direct.

La reconnaissance vocale a, sur la sténotypie, l’avantage de ne pas nécessiter une longue formation spécialisée. En revanche, l’établissement des profils des locuteurs (les personnes qui servent d’intermédiaire entre la parole et sa transcription à l’écran) requiert un travail de longue haleine.

À notre connaissance, la technologie de la reconnaissance vocale n’est pas encore suffisamment au point pour atteindre le niveau de qualité de la sténotypie en matière de sous-titrage télévisuel en temps réel. Il faudra sans doute compter encore quelques années pour y arriver. Dans l’intervalle, Radio-Canada continuera à miser sur la sténotypie, tout en suivant de très près l’évolution de cette technologie.

1. La forme masculine utilisée dans le présent document désigne tant les femmes que les hommes.

2. À noter : quel que soit le système choisi, les interfaces actuellement en place permettent l’utilisation de claviers de sténotypie différents. C’est un détail important, étant donné que les sténotypistes actuellement à l’emploi de Radio-Canada utilisent le clavier Grandjean et que celles qui seront formées par la Cité collégiale utiliseront le clavier Stenograph.

 

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