Allocution pour la rencontre des ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables des droits de la personne

Notes d’allocution

Marie-Claude Landry, Ad. E.

Présidente de la Commission canadienne des droits de la personne

Allocution pour la rencontre des ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables des droits de la personne

Les 10 novembre 2020

12 : 30 de l'après-midi

5 minutes

 

 

LE TEXTE PRONONCÉ FAIT FOI

 

 

 

Merci. Bonjour à tous et à toutes – honorables ministres et défenseurs des droits de la personne.

J’aimerais commencer par reconnaître les différents territoires traditionnels non cédés à partir desquels nous parlons tous et toutes aujourd’hui.

Depuis notre dernière rencontre, nous avons constaté un leadership positif et un engagement à faire des droits de la personne, une priorité.

Le Canada est certainement un leader mondial en matière des droits de la personne, mais il y a encore beaucoup de travail à faire.

Il existe encore des écarts persistants en matière d'égalité pour de nombreuses personnes vivant au Canada. Pour certaines, la situation était déjà très difficile avant la pandémie.

La COVID-19 a aggravé significativement la situation. Comme de l’huile sur le feu, la pandémie a amplifié les inégalités au Canada.

Dans les faits, elle élargit le cercle de vulnérabilité et a touché de façon disproportionnée des groupes déjà marginalisés, notamment :

  • les femmes;
  • les enfants;
  • les personnes ayant un handicap physique ou mental;
  • les immigrants et les réfugiés;
  • les personnes LGBTQ2SI;
  • les personnes âgées;
  • les personnes avec un faible revenu;
  • les personnes en besoin de logement adéquat et les sans-abri, dont un grand nombre sont obligés de vivre dans des campements;
  • celles dans notre système carcéral; et
  • …les personnes autochtones, et les personnes de race noire ou appartenant à d’autres groupes racisés.

Ce qui m’amène à un enjeu tout aussi urgent au Canada en matière de droits de la personne : la nécessité d’agir pour démanteler le racisme systémique.

Le racisme est une structure et pas un évènement.

Le racisme systémique continue de créer des obstacles pour les Autochtones, les personnes de race noire ou appartenant à d’autres groupes racisés au Canada.

Des obstacles dans l’obtention de soins de santé, d’un logement ou d’un emploi adéquat, sans compter les obstacles pour l’accès aux services essentiels – qui peuvent possiblement sauver des vies.

Nous sommes témoins d’actes manifestes et agressifs de racisme, de haine et d’intolérance ici même au Canada.

Au cours des derniers mois, nous avons vu une augmentation des signalements d’actes antisémites et islamophobes.

Il s’agit clairement d’un enjeu urgent de droits de la personne – et nous avons sonné l’alarme à ce sujet depuis des années.

Nous avons souvent répété que : la haine est une menace pour la sécurité publique; la haine met un terme au dialogue; la haine mine la démocratie; la haine est une menace aux droits de la personne.

La lutte contre la haine, qu’elle soit sur le terrain ou en ligne, nécessite une action globale, concertée et coordonnée par les gouvernements.

Je conclue ces brèves remarques avec le mot clé : action.

Ministres, les différents enjeux de droits de la personne discutés hier et aujourd’hui ont tous atteint un point critique pour lequel des actions concrètes et immédiates sont requises. Le temps des « études approfondies » est révolu.

Le temps est à l’action.

Des actions qui garantissent que les droits de la personne – y compris les droits autochtones et les droits issus des traités, les droits économiques, sociaux et culturels – soient reconnus et mis en œuvre.

Des actions visant à démanteler le racisme systémique et à promouvoir l’égalité et l’inclusion pour les Autochtones, les personnes de race noire ou appartenant à d’autres groupes racisés.

Des actions qui visent à bâtir une nouvelle normalité, qui assure la promotion pour une société plus équitable, diverse et inclusive pour tous et toutes.

Finalement, des actions menées en tenant compte des obligations internationales du Canada en matière des droits de la personne et des objectifs de développement durable.

Les obligations internationales du Canada en matière des droits de la personne peuvent servir de balises, et ce, pour tous les gouvernements, afin d’atteindre l’égalité réelle et de lutter contre le racisme et la discrimination systémiques.

Nous encourageons fortement la mise en œuvre sur le plan national de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et de la ratification du Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture. Ceci permettrait de renforcer le système et contribuer à l’avancement des droits de la personne au Canada.

En conclusion, je réitère que la Commission canadienne des droits de la personne, de concert avec toutes les commissions provinciales et territoriales des droits de la personne du Canada, seront vos alliés sur la voie d’une meilleure normalité pour tout le monde.

Agissons ensemble et pendant qu’il est temps.

Merci.