Déclaration - Il faut agir pour freiner la haine en ligne

Il y a quatre ans aujourd'hui, un jeune homme est entré dans le Centre culturel islamique de Québec et a ouvert le feu, tuant six personnes et en blessant plusieurs autres. L’attaque a ébranlé le pays.

Dans les jours qui ont suivi l’attentat, nous avons appris que le tueur a été inspiré et motivé par de la propagande haineuse qu’il a trouvée en ligne. Ce qu’il a vu et lu lui a donné la validation et l’encouragement nécessaire afin de passer à l’acte. 

Quatre années plus tard, mon cœur souffre encore pour les familles des victimes de cet acte violent et insensé. Mon indignation et ma colère sont aussi vifs. Mais alors que nous nous souvenons et réfléchissons à cette journée tragique, le chagrin, la colère et l’indignation ne suffisent pas. 

Il faut agir pour freiner la haine en ligne à travers le pays, peu importe où elle se trouve. L’internet, et comment nous l’utilisons dans notre vie quotidienne, évolue bien plus rapidement que l’on peut le comprendre. Nous avons tous et toutes le pouvoir d'avoir sa tribune et d’être un diffuseur et, de ce fait, la capacité de chacun de rejoindre et partager l’information ont pris de l’ampleur et ont une portée considérable.

L’internet comporte de nombreux avantages pour la société, autant formidables que positifs, mais il est tout aussi dangereux. Ces dernières années, les discours haineux ont pris des proportions démesurées en ligne. La haine et les personnes qui la répandent sont devenues courantes.

La haine est un précurseur de la violence. Elle met fin au débat et décourage les personnes de prendre la parole de peur d’être ciblées ou menacées. Dans sa forme la plus grave, la haine incite à la violence et entraîne des conséquences tragiques et bien réelles.

Des incidents haineux, racistes, xénophobes et violents sont en hausse année après année. Selon des rapports provenant de partout au pays, la pandémie a aggravé la situation. Le gouvernement fédéral pourrait prochainement introduire un projet de loi comprenant des mesures visant à freiner les discours haineux en ligne. Il s’agit d’un développement encourageant et j’espère qu’il apportera un changement majeur. 

À elle seule, une loi ne sera pas suffisante. La lutte contre la haine au Canada nécessitera un effort concerté visant tant le système civil que criminel. Nous aurons besoin d’un effort concerté de tous les leaders politiques, des chefs d’entreprises et des dirigeants et dirigeantes.

Les compagnies de médias sociaux font face à un enjeu de taille. Nous devons appliquer le même degré d'innovation et de créativité que celui qui a initié le développement des technologies, afin de s’assurer que la haine ne puisse plus profiter des développements technologiques. Cette responsabilité de combattre la haine nous appartient tous : elle n’appartient pas seulement à un individu ou aux victimes, et définitivement pas à une seule organisation.

Nous avons tous et toutes une responsabilité de combattre la haine, afin que nos espaces publics – à la fois réels et virtuels – soient sécuritaires pour tout un chacun.

C’est plus grand que l’internet. Toutes les lois du pays, les politiques et les services doivent s’efforcer de reconnaître le racisme systémique, d’éliminer les obstacles et de favoriser un sentiment d’appartenance. Toute loi qui agit autrement est contre-productive et encourage les détracteurs.

En tant que Canadiens et Canadiennes, nous avons tous la responsabilité de mettre fin à la haine. Nous devons faire un effort pour être activement antiracistes – en dénonçant l’inégalité même quand elle ne nous affecte pas, afin de contester les préjugés et la discrimination. 

Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et laisser la haine compromettre notre paix et notre prospérité, ou notre démocratie. Les victimes de la fusillade au Centre culturel islamique de Québec et leurs familles ne méritent rien de moins. Une attaque contre de l’un de nous est une attaque contre nous tous. Nous ne sommes pas en sécurité à moins d’être tous en sécurité.

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