Mot d’ouverture prononcé par la Commissaire à l’équité salariale à l’occasion de la rencontre du Comité permanent de la condition féminine

Notes d’allocution

Karen Jensen
Commissaire fédérale à l’équité salariale

Commission canadienne des droits de la personne

Mot d’ouverture prononcé par la Commissaire à l’équité salariale à l’occasion de la rencontre du Comité permanent de la condition féminine

Jeudi 4 février 2021

11h

5 minutes

 

 

 

 LE TEXTE PRONONCÉ FAIT FOI

 

Madame la présidente, chers vice‑présidents et honorable membres du Comité, bonjour.

Je me présente, mon nom est Karen Jensen et je suis la première Commissaire à l’équité salariale du Canada. Je suis accompagnée aujourd’hui de Jeff Willbond, directeur général de la Direction générale de la conformité proactive de la Commission canadienne des droits de la personne. 

Je tiens à souligner, et ce avec gratitude, que les terres sur lesquelles je vous joins font partie du territoire traditionnel non cédé du peuple Algonquin Anishinabé.

Je vous remercie de m’avoir fait l’honneur de m’inviter à prendre la parole aujourd’hui pour discuter des raisons pour lesquelles le temps est maintenant venu de réaliser l’équité salariale au Canada, et pour vous présenter le travail entrepris par la Division de l’équité salariale de la Commission canadienne des droits de la personne pour préparer la mise en œuvre de la Loi sur l’équité salariale.

Depuis que je suis devenue membre du Barreau, en 1994, j’ai représenté du personnel, des syndicats et des employeurs tous engagés dans de longues procédures conflictuelles et extrêmement coûteuses de règlement des litiges relatifs à l’équité salariale. J’ai été témoin du fardeau que cela a représenté pour les personnes concernées et je suis convaincue des bienfaits de la transition amorcée par le Canada, vers un régime proactif d'équité salariale. C’est pourquoi je suis très honorée d’avoir été nommée Commissaire fédérale à l’équité salariale en octobre 2019.

Je crois sincèrement que l’équité salariale constitue un élément clé alors que le Canada s’apprête à « reconstruire mieux » à la suite de la pandémie.

La COVID-19 a mis en évidence nos vulnérabilités... et nos inégalités. Les femmes ont été disproportionnellement touchées par la pandémie – tout particulièrement les femmes racisées, les femmes autochtones, les femmes migrantes, les femmes ayant un faible revenu, les mères monoparentales, les femmes de la communauté LGBTQ2I+, ainsi que celles en situation d’handicap ou ayant des problèmes de santé mentale.

Les travailleuses ont été les premières personnes touchées par la pandémie au Canada…

Et ce sont elles qui subissent les conséquences de cette pandémie depuis le plus longtemps.

En novembre 2020, Économique RBC a rapporté que la pandémie menace des décennies de progression des femmes au sein de la population active et que la reprise économique du Canada s’en trouvera plus lente qu’elle ne l’aurait été autrement.

Combler l’écart salarial entre les sexes est non seulement essentiel à la relance économique et au redressement social de notre pays, mais est aussi primordial pour les travailleuses et les travailleurs canadiens.

Cette période que nous vivons est difficile à traverser pour nos entreprises. Pour les personnes qui sont préoccupées à l’idée de mettre en application cette loi à ce moment‑ci, il convient de noter qu’il y a de plus en plus de preuves indiquant que de verser aux femmes un salaire égal pour un travail de valeur égale à celui accompli par un homme est bon pour les affaires.

Par exemple, une étude du Harvard Business Review a récemment souligné que dans certaines régions, comme en Amérique du Nord, les personnes les plus compétentes préfèrent travailler dans des entreprises qui favorisent la diversité.

L’équité salariale est un outil qui permet de promouvoir la diversité au sein des entreprises, laquelle les aide à attirer les meilleurs candidats et candidates, leur permettant ainsi d’être plus performantes que la concurrence.

En préparant la mise en application de la Loi, j’ai effectué de nombreuses consultations auprès des intervenants – notamment auprès des syndicats, des employeurs des secteurs public et privé, des organisations de femmes et des associations d’employeurs – pour pouvoir cerner toutes les préoccupations qu’ils pourraient avoir et pour trouver les meilleures façons de les résoudre.

En réponse aux besoins soulevés par les employeurs, les syndicats et les autres intervenants, l’équipe de l’équité salariale travaille à créer des outils de formation, des documents d’orientation et des outils pratiques qui aideront les différents groupes en milieu de travail à appliquer la Loi. Nous travaillons en étroite collaboration avec les divers groupes d’intervenants pour nous assurer que ces outils fonctionnent bien pour les employeurs et leur personnel.

La communication au sujet de la nouvelle loi est un facteur essentiel à notre succès. En tant que commissaire, mon objectif est d’aider toute personne à mieux comprendre quels sont les mythes et les réalités de l’équité salariale. Mon but est d’aider les employeurs à voir qu’elle représente une occasion en or de manifester leur engagement au sujet de l’égalité en milieu de travail.

La situation économique des femmes est périlleuse et on doit y remédier. L’équité salariale est un outil – parmi plusieurs – qui permettra de faire une véritable différence dans la réalité économique de bien des femmes, et nous aidera, sur le plan national, à profiter de la pleine participation des femmes en milieu de travail.

C’est donc avec plaisir que j’accueille vos questions.