L'Internet ne devrait pas être un espace sécure pour la haine

Le 27 avril 2018 – Ottawa (Ontario) – Commission canadienne des droits de la personne

À la suite de l’horrible attaque survenue à Toronto, Marie-Claude Landry, présidente de la Commission canadienne des droits de la personne a fait la déclaration suivante :

«  Comme tous les Canadiennes et Canadiens, la Commission canadienne des droits de la personne est en deuil, troublée par l'attaque de piétons innocents, hommes et femmes, au nom semble-t’il de la misogynie. Il est difficile de concilier cet acte odieux de violence dans la foulée de cette année au cours de laquelle les femmes ont finalement fait entendre leur voix. Tout au long de 2017, les gens du monde entier se sont réunis pour protester contre la misogynie et défendre les droits des femmes. Nous avons vu une vague de protestations, de marches, de manifestations et des campagnes dans les médias sociaux, mettant en lumière la nécessaire égalité et autonomie des femmes.

«  Ces mouvements importants ont commencé et se sont propagés comme une traînée de poudre, par le biais des médias sociaux. Nous avons vu l'Internet évoluer et devenir une force positive puissante pour le changement social. Il a rassemblé des gens à l'appui de causes communes. Nous vivons à une époque où le temps qu’il faut pour créer un mouvement collectif se mesure en heures plutôt qu’en semaines. Un hashtag Twitter comme #MeToo et #Moiaussi inspire et unit les gens par le seul clic d’un bouton.

«  Et pourtant, nous savons que l'Internet donne aussi une voix et un espace sécurisé et anonyme aux idées haineuses, un hub où la haine et l'intolérance sont non seulement acceptés mais encouragés. Au seul clic d’un bouton, le responsable de l’attaque à Toronto s’est probablement senti compris par une communauté en ligne qui a renforcé ses vues misogynes du monde. 

«  Nous sommes tous perdants lorsque la haine trouve des endroits où fermenter. Elle menace notre sécurité publique, elle menace notre démocratie, elle menace notre diversité. Alors, que pouvons-nous faire à ce sujet ? Pourquoi attendre des tragédies comme celle-ci avant d'agir ? Pourquoi laissons-nous libre cours aux discours haineux sans les dénoncer ?

«  Le Canada a besoin de protections raisonnables qui évoluent au même rythme que les moyens de communications que nous offre la technologie et les médias sociaux. Nous avons besoin d’un moyen constructif, proactif et efficace pour dénoncer la haine et perturber les groupes qui encouragent et incitent à la violence. Il s'agit d'appliquer les mêmes normes à l’Internet que celles que nous imposons à tous les types de médias de radiodiffusion. La haine qui incite à la violence, qu’elle soit transmise à la radio ou à la télévision n'est tout simplement pas tolérée. L'Internet nous a donné une plateforme publique pour diffuser nos idées. Si nous sommes tous devenus radiodiffuseurs, pourquoi ne pas nous soumettre aux mêmes normes que les radiodiffuseurs traditionnels? 

«  Nous passons maintenant une grande partie de notre vie en ligne, et ce n'est pas près de changer. Toutefois, ce qui doit changer est que devons être aussi responsables de notre comportement virtuel que dans la « vraie vie ».

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